Réversible : vite. Irréversible : lentement.
La vitesse à laquelle vous devez décider dépend d'abord d'une seule question : peut-on facilement revenir en arrière ? Une décision réversible ne mérite pas le temps qu'on lui consacre souvent ; une décision difficile à défaire le mérite.
Sur votre prochaine décision, posez-vous d'abord la question de la réversibilité avant celle du délai.
Écrivez la décision avant de l'annoncer
Trois lignes suffisent : la décision, la raison, ce qu'elle change. Si vous n'arrivez pas à les écrire clairement, c'est que la décision n'est pas encore prête à être annoncée.
Avant votre prochaine annonce, écrivez ces trois lignes avant d'ouvrir la bouche.
Le journal trimestriel bat la mémoire
Votre souvenir d'une décision passée est réécrit par ce qui s'est passé depuis. Un journal daté, relu tous les trimestres, vous dit ce que vous pensiez vraiment au moment T — pas ce que vous croyez avoir pensé.
Bloquez trente minutes ce trimestre pour relire vos dernières décisions notées.
Un consensus trop rapide mérite un doute
Quand un sujet sensible obtient un oui unanime en cinq minutes, ce n'est pas toujours un succès : c'est parfois le signe que personne n'a osé parler le premier.
À la prochaine décision d’équipe actée trop vite, redemandez l’avis de chacun en tête-à-tête.
Nommez le décideur avant de débattre
Une réunion qui débat sans savoir qui tranche à la fin tourne en rond ou débouche sur un flou que personne n'assume. Dites qui décide avant d'ouvrir le sujet, pas après.
Avant votre prochaine réunion de décision, annoncez en une phrase qui tranchera à la fin.
Le pré-mortem coûte quinze minutes
Imaginer l'échec avant de lancer une décision fait remonter des risques qu'aucun débat optimiste ne révèle. C'est l'un des outils les moins chers pour éviter les erreurs les plus chères.
Avant votre prochaine décision importante, faites l’exercice seul : listez cinq raisons pour lesquelles ça pourrait rater.
Le coût irrécupérable ne justifie rien
Le temps ou l'argent déjà dépensés dans une direction ne sont pas un argument pour continuer : ils sont déjà perdus, que vous persistiez ou non. Seule compte la suite.
Sur une décision qui traîne, demandez-vous : « si je démarrais aujourd’hui, sans ce que j’ai déjà investi, ferais-je pareil ? »
Revenir en arrière n’est pas se contredire
Changer d'avis face à des faits nouveaux n'est pas une faiblesse, c'est la preuve que vous décidez avec le réel plutôt qu'avec votre ego. Le dire clairement protège votre crédibilité mieux que le silence.
La prochaine fois que vous changez d’avis, dites-le en une phrase, sans vous justifier trois fois.
Une exception non cadrée devient une règle
Le geste accordé une fois « pour cette fois seulement » revient toujours, invoqué par le suivant. Si vous faites une exception, décidez tout de suite du cadre qui l'entoure.
Sur la dernière exception que vous avez accordée, écrivez la règle qui aurait dû l’encadrer, même après coup.